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La Martinique et le Covid

Récit d'une mission d'aide médicale contre l'épidémie de COVID

Covidland

Effarant ! Un Centre Hospitalier Universitaire totalement dévoué à la cause COVID. Tout l’hôpital vit et survit dans l'atmosphère virale.  Tout est Covid. Les différents services de toutes les spécialités médicales sont transformés en unités recevant les patients atteints du virus. Quant aux différents services de soins critiques ils sont destinés à soigner là aussi que des malades Covid.

Le service de réanimation est passé de trente à une centaine de lits créés dans les salles de réveil des bloc opératoires. Les unités de soins en cardiologie, neurologie ont cédés leurs places pour ajouter des lits de réanimation.

Nous sommes donc dans ce bâtiment triangulaire où tout un côté de ce triangle est un long corridor où se répartissent  ces chambres de soins extrêmes ,sur une longueur de cent mètres. Se promener tout au long de se couloir c'est passer de chambre en chambre continuellement  et cela n'en finit pas. Ces patients gravissimes sont placés en respiration artificielle branchés sur ces appareils de ventilation externe, endormis, bardés de capteurs à l'écoute des battements de leur cœur, des mouvements respiratoires, des mesures en continu du taux d'oxygène de leur sang.

Une véritable usine spécialisée COVID. Un covidodrome. Les soignants, les médecins se croisent, se décroisent soignent sans discontinuer, dans un mouvement incessant qui s'étale dans cette démesure.

Les praticiens du CHU sont en blanc, les soignants de la réserve sanitaire venus à la rescousse  sont en vert . Il y a beaucoup de vert.

Les réunions régulières du matin et du soir où les médecins se transmettent les cas cliniques, en relais pour les gardes de nuit, sont d'une cruelle monotonie. On ne précise plus que tel ou tel nouveau patient, qui vient d'être admis, l'est pour un COVID. Cela ne peut être que du Covid.

On vit Covid, on mange Covid, on respire Covid à travers nos masques de protection. Heureusement l'aile de réanimation est climatisée, la température et le taux d'hygrométrie restent confortables.

Là on réalise ce que ne pas confiner et ne pas vacciner provoque: Un tsunami de patients en détresse respiratoire frappant violemment la structure hospitalière balayant sur son passage les soignants au service de la population.

Dans l'hexagone les mesures, prises avec hésitation et maintes discussions polémiques, imposées avec douceur et diplomatie, pour ne pas froisser cette liberté de chacun revendiquée sans tenir compte de celle des autres,  dans une atmosphère d'égocentrisme mettant de côté cet élan de solidarité nationale qui fait la force d'un combat, ces mesures ont permis d'éviter ,en France, ce véritable tsunami que la Martinique vit.

La Martinique est drastiquement confinée depuis plusieurs semaines et les moyens supplémentaires déployés ont stabilisé l'offre et la demande de soins à une échelle démesurée. Mais le préfet en fin de semaine doit annoncer si les restrictions sont levées où non.

Les martiniquais avec lesquels j'échange souvent étouffent et veulent pouvoir remettre leurs enfants à l'école et revivre tout simplement. Mais ils refusent la vaccination......Les équipes médicales redoutent ce déconfinement avec un sentiment de lassitude et de désarroi qui ne peut que nous inciter à continuer de les aider.

 

 

 

 

 

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