Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La Martinique et le Covid

Récit d'une mission d'aide médicale contre l'épidémie de COVID

L'arrivée

Après huit heures trente de vol dans un habitacle climatisé nous débarquons et redécouvrons le climat tropical avec 33° et 100% d'humidité, car en cette période les pluies sont journalières entrecoupées d'un ciel radieux et d'une chaleur  équatoriale. Nous sommes proche de l'équateur et le soleil presque au zénith traverse une moindre couche atmosphérique et ses rayons sont puissants surtout vers midi.

Un vigile prévient

- Restez calme, un groupe d'antivax manifeste à votre sortie de l'aéroport. La gendarmerie est présente pour votre sécurité.

Nous sortons en effet du hall d'arrivée. Il fait maintenant nuit il est 18 heures.

- Assasins!

- Rentrez chez vous !

- Assassins, assassins, retournez d'où vous venez!

Ces insultes ne cessent tout au long du cordon de sécurité des forces de l'ordre en direction de nos navettes.

Le sous-préfet est là, nous accueille en se confondant d'excuses

- Il s'agit d'un groupe d'environ 1000 Martiniquais opposant à la vaccination et au confinement. Un groupe minoritaire mais reflet de la défiance qui règne en Martinique ajoute le sous-préfet.

Je croise le  regard d'un martiniquais hystérique aux yeux révulsés qui crie "assassins assassins". Je n'ose  le soutenir du regard de peur de le provoquer, mais le sien parait vide, fixe, transparent traversant notre groupe sans nous détailler vraiment.

Nous montons Marie-Neige et moi dans le car.

Une fois les portes fermées le sous-préfet nous rassure comme il peut.

J'avoue que l'expérience de la gestion du stress en anesthésie et en réanimation m'a permis de rester calme et indifférent à cette étrange atmosphère pesante, plombée par la nuit et les lampadaires blafards, chacun craignant un débordement inattendu malgré la présence du cordon de sécurité.

Le sous-préfet descend du car. Le chauffeur monte et ferme la porte. Il se retourne vers l'allée centrale.

- Excusez-nous pour tout cela mais ils sont cons voilà, précise-t-il à notre groupe.

On le rassure en lui expliquant que nous ne prenons pas acte, loin de là, de cet accueil plutôt dérangeant.

- Merci mais quand même ajoute-t-il, excusez-nous.

Il passe la première et démarre énergiquement.

Le bus s'arrête devant la barrière automatique qui, bien sûr, ne se lève pas. Après cinq minutes d'essais de différents codes sur le digicode , il appelle la sécurité.

Au loin les torches des manifestants semblent se disperser mais certains d'entre-eux viennent roder autour du bus  à une certaine distance, comme s'ils redoutaient de passer à l'acte. Quel acte se demandons-nous ? Le savent-t-ils eux-mêmes?.

Un membre de la sécurité arrive en courant et débloque enfin la barrière.

Nous quittons aéroport.

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article